Lancement de Viva Technology2017 par le Président de la République(21 février 2017)

Je voudrais d’abord remercier Maurice LEVY et Bernard ARNAULT de m’inviter, ici, à l’Elysée, pour le Salon VIVA TECH. Ils m’ont en effet demandé de présenter le lancement de ce Salon, mais je n’ai pas eu beaucoup de choix, vous les connaissez. Et comme j’avais participé l’année dernière à cet événement, que Les Echos ont bien voulu également parrainer, je me suis senti obligé. Maurice LEVY, qui sait, en matière de communication, ce qu’il convient de faire, et j’aurais dû le consulter plus souvent, m’a dit que ce serait un grand événement que de le faire ici, à l’Elysée, à une date qui était encore compatible avec mon emploi du temps.

Donc j’ai bien voulu accepter, et il m’a dit qu’il y aurait un parterre particulièrement brillant, et j’en fais, une fois encore, la découverte, même si nous nous sommes sans doute rencontrés dans les différents événements auxquels j’ai pu participer grâce à vous. C’est vrai que VIVA TECH est sans doute le Salon international aujourd’hui qui s’est imposé, et avec la participation de grands groupes, mais aussi d’entreprises de taille intermédiaire et de start-up, et je voulais donc anticiper sur l’événement, puisque VIVA TECH va se tenir au mois de juin.

J’avais deux solutions, soit demander une prolongation, je suis en train de la négocier, soit d’anticiper, et c’est ce que j’ai préféré, sur le plan démocratique, organiser aujourd’hui. Donc ce Salon a déjà réuni les plus grands entrepreneurs de la planète, et va continuer à le faire. Et ce Salon se fait en France parce que, d’abord, il y a des grands entrepreneurs qui ont bien voulu l’organiser, mais aussi parce que c’est la France, et parce que la France a en effet, depuis plusieurs années, voulu être un environnement aussi propice que possible pour les start-up, pour les entreprises technologiques. Et nous en avons les résultats, non seulement par ce Salon, mais par le fait que 500.000 entreprises se sont créées ou se créent chaque année en France, et beaucoup, dans le secteur technologique.

Il y a à peu près 1.500 start-up qui sont promues ici, en France, à Paris, qui est la ville qui a le plus grand nombre d’incubateurs d’Europe. L’année dernière, le chiffre d’affaires des start-up, et vous y avez contribué, a augmenté de 50 %. La France est également au deuxième rang des pays européens pour le financement des start-up, qui est le sujet majeur : comment lever des fonds ? Nous sommes à la première place pour le nombre d’opérations effectuées depuis janvier. Notre talent ou votre talent plutôt est reconnu dans le monde entier, puisque, il y a cinq ans, lorsqu’il existait ce Forum de Las Vegas, les start-up françaises y étaient quasiment absentes. Aujourd’hui, nous avons la deuxième délégation, et nous pensons que dans quelques années, nous aurons la première, et le président américain, nouvellement élu, y contribue.

Donc nous faisons en sorte, nous, d’être dans l’économie ouverte, dans l’économie technologique. Nous n’avons peur de rien, nous accueillons tous les talents venant de l’étranger, et nous sommes heureux de pouvoir aussi les promouvoir partout dans le monde. L’écosystème donc de la French Tech a atteint sa maturité, et je voudrais en remercier Axelle LEMAIRE qui, après Emmanuel MACRON, a bien organisé, et avec Emmanuel MACRON, cette opération, et qui se poursuit aujourd’hui.

Nous avons également, avec l’économie d’innovation permanente, voulu être les premiers pour l’économie de demain. Dans cet univers, on pourrait se poser la question : est-ce que l’Etat a un rôle à jouer ? Ma réponse est oui, et nous l’avons montré depuis cinq ans. D’abord, et j’y étais très attaché, nous avons sanctuarisé le crédit impôt recherche, et nous l’avons même élargi au crédit d’impôt innovation, pourquoi ? Parce que c’est sans doute – dans la comparaison fiscale que l’on peut faire entre les différents pays – ce qui donne un avantage comparatif à la France. Nulle part, il existe un dispositif aussi puissant. Il a été créé avant nous, il a été sanctuarisé avec nous, il a été élargi, et je sais que, il sera forcément préservé.

Et je mets en garde ceux qui voudraient y toucher. Il y a toujours de bonnes raisons de vouloir regarder un dispositif, de le réviser en permanence, considérant qu’il peut y avoir un certain nombre d’effets d’aubaine. C’est un très mauvais réflexe. Il faut accepter qu’il puisse y avoir quelques errements dès lors qu’un dispositif s’est à ce point installé. Et donc je recommande à tous ceux qui auront vocation à diriger le pays de préserver, de maintenir le crédit impôt recherche dans ses modalités actuelles.

Nous avons aussi créé la Banque Publique d’Investissement. Tout à l’heure, j’avais la satisfaction de rencontrer un certain nombre de startupers qui, à chaque fois, me disaient qu’ils avaient été accompagnés par la Banque Publique d’Investissement, qui a dégagé –et j’en remercie Nicolas DUFOURCQ – 200 millions d’euros et de bourses destinées à l’amorçage des start-up. C’est aussi un avantage qui existe en France et qui n’est pas nécessairement présent à l’étranger.

Le programme des investissements d’avenir, c’est-à-dire ce qui est venu du grand emprunt, qui avait été lancé en 2010, et que nous avons encore renforcé, a permis, là encore, de dégager près de 500 millions d’euros pour les fonds d’amorçage. Nous avons créé le compte PME Innovation, Michel SAPIN en a été le responsable, qui a été voté en fin d’année dernière, et qui permet le financement des entreprises innovantes par les business angels. Là aussi, c’est un mécanisme puissant.

Enfin, nous avons, et ce n’était pas si facile à faire accepter en France, considéré qu’il devait y avoir de l’expérimentation pour les start-up, c’est à c’est-à-dire qu’il pouvait être possible pour une jeune entreprise innovante de demander une dérogation à une réglementation, le temps de tester son prototype, et là aussi, l’administration, et je veux la remercier, a accepté qu’il puisse y avoir de telles exemptions, et plusieurs entreprises en ont aujourd’hui le bénéfice.

Alors, ce Salon VIVA TECHNOLOGY, c’est l’occasion justement de ces échanges entre grands groupes, entre start-up, et aussi entre l’Etat et l’environnement que nous avons voulu pour les entreprises. Nous devons soutenir l’innovation dans les prochaines années, dans la compétition, dans la mondialisation, ce sont les pays qui auront fait le plus d’efforts en matière d’innovation – de recherche, privé/public, mais aussi de traduction de cette innovation dans les procédés de commercialisation – qui remporteront les marchés. J’ai voulu qu’il puisse y avoir en France un concours mondial de l’innovation. Et ce concours mondial de l’innovation permet de s’adresser à tous les talents dans le monde et de soutenir leurs procédés ou leurs processus pour les prochaines années.

J’aurai l’occasion, là encore, de remettre les prix dans quelques jours à ces lauréats. Et ce qui m’a frappé, d’abord, c’est qu’ils venaient de partout dans le monde, et que, deuxièmement, ce que l’on pensait être des innovations de rupture, qui auraient des traductions dans 15 ans, dans 20 ans, dans 30 ans, en réalité, nous avons été capables, et vous avez été capables, de raccourcir les délais, c’est-à-dire d’accélérer le processus d’innovation. Et c’est ce principe des concours mondiaux de l’innovation que nous devons, une fois encore, confirmer.

Axelle LEMAIRE me remettra prochainement une stratégie pour le développement des travaux de l’intelligence artificielle, là, aussi, c’est un grand enjeu : qui va pouvoir aller le plus vite pour mettre en œuvre l’intelligence artificielle ? Cela fait peur, parce que toute innovation, à la fois, crée de l’espoir et de la peur, et d’ailleurs, dans une société comme la nôtre, c’est toujours la même bataille entre l’espoir et la peur, il y a ceux qui jouent avec les peurs, qui les entretiennent, qui les stimulent et qui font que, dans chaque progrès, il y a toujours une interrogation sur ce qu’il peut produire, et puis, il y a ceux qui font en sorte que toute innovation puisse être un facteur d’espoir, et il ne faut rien craindre.

Et dans tout ce débat, il y a celui sur les robots, qui est un vieux débat, un débat aussi ancien que l’économie industrielle. Les robots créent de l’emploi, les robots créent de la richesse, les robots créent de la croissance, et donc nous devons faire en sorte qu’ils puissent avoir leur place, et qu’en même temps, ils puissent être humanisés et qu’il puisse y avoir des rapports sociaux différents du passé et de la valorisation de leur présence, d’où l’enjeu de la stratégie de l’intelligence artificielle, qui est un nouveau champ de conquête technologique. Donc j’annoncerai, le mois prochain, un grand plan de financement de la recherche et de l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Alors, je voulais, une fois encore, saluer donc ce Salon VIVA TECHNOLOGY qui symbolise, je crois, la réussite française. Et nous devons en parler de la réussite française, parce que faisons confiance à d’autres pour parler de ce que nous ne pouvons pas toujours accomplir aussi vite que possible, faisons confiance à d’autres pour parler de nos handicaps, mais nous, nous devons valoriser nos atouts, nos capacités de croissance, notre technologie et nos entrepreneurs. Et c’est ça le but de VIVA TECHNOLOGY.

Et dans cette révolution numérique, la France s’est tournée plus tôt que d’autres vers l’avenir. Et VIVA TECHNOLOGY, c’est la vitrine du monde de demain, et là, encore, ce n’est pas simplement que de l’économie, ce n’est pas que de ce financement que vous recherchez dont il s’agit. Il s’agit aussi de ce qui va être des changements dans les modes de consommation, dans les modes de production, dans le bien-être. Et, on en avait encore l’illustration, ce que vous apportez, c’est un changement pour beaucoup de personnes qui, jusqu’à présent, faute de technologie, n’avaient pas nécessairement accès à toutes les informations, à toutes les connaissances, et qui ne pouvaient pas pleinement participer à une économie de bien-être.

Et donc, c’est une vision du progrès que vous offrez, une belle vision du progrès, parce que nous avons absolument besoin de réhabiliter la notion de progrès dans nos sociétés, de montrer ce que la science, l’innovation, la recherche peuvent procurer comme avancées, et que nous devons croire en l’avenir, et qu’il y a suffisamment de doutes qui existent pour que nous puissions les lever, à travers cette conception élevée du progrès, et cette participation de beaucoup de jeunes dans cette économie de demain.

Voilà pourquoi je tenais absolument à ce que vous puissiez être là, à l’Elysée, parce que finalement, c’est l’innovation qui a pris le pouvoir, et qui doit surtout le garder, au-delà des échéances qui viennent. Merci à vous. Bon succès pour VIVA TECHNOLOGY.

Dernière modification : 23/02/2017

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