La France est l’un des principaux partenaires économiques du Luxembourg.

"Vus de France les échanges franco-luxembourgeois fortement concentrés sur les biens intermédiaires s’affichaient en progression constante , avant que la crise ne vienne les affecter dans le dernier trimestre de l’année 2008. Le ralentissement de la croissance en 2009 a été plus durement ressenti au Grand -Duché en raison de l’étroitesse du marché et de sa dépendance à l’égard de l’économie de ses grands voisins

Les échanges franco-luxembourgeois en 2008 :une progression équilibrée d’échanges très concentrés, soudainement ralentie par la crise financière.

En 2008, les exportations françaises au Grand Duché de Luxembourg se sont accrues de 3,6% à 1,98 Milliards EUR ,tandis que les importations progressaient de 3,8%. Cette croissance a connu un fort ralentissement dû au contexte international au cours du dernier trimestre ,puisque ces progressions avaient été respectivement de 10 % et 7,5% au terme des 9 premiers mois.

Il en est résulté un excédent commercial modeste en faveur de la France de 112, 63 millions EUR, désormais en stagnation alors qu’il connaissait une hausse constante depuis 2005. Comparativement à la taille du marché (500 000 habitants) , ce résultat n’est pas négligeable puisque nos ventes représentent les 2/3 des exportations que la France réalise en une année sur un pays tel le Canada.

Les échanges franco –luxembourgeois tendent à se concentrer sur les demi-produits et biens intermédiaires ,en fonction d’une tradition reflétant la complémentarité et l’intégration industrielle des deux pays. Ceux-ci sont plus fréquemment soumis aux opportunités de la conjoncture et décisions du négoce qu’aux orientations volontaristes des politiques de commerce extérieur.

Ainsi représentent-ils près de la moitié des exportations françaises vers le Grand Duché et près des trois- quart des importations . Ils concernent à plus de 60% la métallurgie et la sidérurgie.

Principal poste d’échanges avec le Luxembourg , les exportations de biens intermédiaires ont augmenté de 3,1% à 965millions EUR, alors que les importations progressaient seulement de 1,6% à 1, 34 milliard EUR , entrainant une diminution du déficit commercial de la France sur ce poste important de 2,3% à 377 millions EUR. Elle est principalement redevable aux excellentes performances réalisées par les exportateurs français dans le domaine des produits chimiques, caoutchouc et plastiques, lequel a connu une progression de 12,7% au moment où les importations régressaient de 0,8%.

La France a également mieux résisté que le Luxembourg au ralentissement des échanges dans des secteurs comme les produits minéraux (-0,4% d’importations contre -13,9% d’importations ) ou les composants électriques et électroniques (-16,5% contre -18,6%).

Seul point négatif pour les exportations françaises de métaux et produits métalliques dont le développement a été nettement plus faible( +1,8%) que les importations ( +6,5 %), dans un secteur fondamental puisqu’il représente la part majeure de nos échanges de biens intermédiaires avec le Grand Duché.

Ceux relatifs aux biens de consommation ont enregistré un ralentissement de 3,2% de nos exportations qui , plus sensible encore au niveau de nos achats (-10,4%), a permis de maintenir un excédent de 140 millions EUR. Ils représentent 10,6% de nos exportations(210,5millions EUR)

Les échanges de produits agricoles et agroalimentaires restent marqués par la stabilité avec un excédent comparable à celui réalisé l’année précédente, soit 270 millions EUR.

Le commerce extérieur luxembourgeois : une activité très sensible au retournement de la conjoncture

L’élargissement de l’Union Européenne a permis au Luxembourg de développer ses positions dans les nouveaux Etats Membres en accroissant ses exportations de 2,1% et ses importations de 9,2% sur l’Europe à 27 , contre 1,8% et 7,8% respectivement sur l’Europe à 16. Le Grand Duché a augmenté ses ventes de 0,9% et ses achats de 6% au niveau mondial en 2008.

Mais c’est avec ses proches voisins et partenaires majeurs qu’il renforce le plus ses échanges , en regard de l’acquit : au niveau de ses exportations (Allemagne +5% ; France +2,3% ; Belgique + 3,7% ) et plus encore à celui de ses importations (Allemagne +7,8%, France +14,7% Belgique +7,4% ) au cours de l’année écoulée.

Il demeure pour ses approvisionnements très dépendant de ces derniers ,effectuant 35% de ses achats en Belgique, 30% en Allemagne , 12,5% en France, soit près de 78% de ses importations avec seulement 3 pays. Ses exportations moins concentrées (57% de ses ventes avec ces mêmes pays : Allemagne 27% ; France 17% ; Belgique 13% )témoigne de son ouverture à l’échelle de son potentiel de production.

Les effets de la crise ont été ressentis sur ce marché étroit dès novembre 2008 . Entre mai 2008 et mai 2009 les exportations luxembourgeoises ont chuté de 25% sur l’Allemagne comme sur la France, et de l’ordre de 40% sur les pays en voie d’industrialisation d’Asie , voire de 50% avec les USA. Au Japon par contre , les ventes des exportateurs luxembourgeois se sont accrues de 25% depuis le début de l’année 2009 , faisant exception à la tendance générale. Le Luxembourg a réagi avec vigueur dans la restriction de ses achats extérieurs durant la même période (-35% avec les USA -27% avec les émergeants d’Asie et – 37% pour le Japon ) , étant encore plus réactif à l’égard de ses partenaires majeurs , en particulier l’Allemagne (-40%) par rapport à la France et la Belgique (-25%). Ce faisant il a enregistré au niveau mondial une diminution de ses exportations de 29% , et de ses importations de près de 40% , suite au ralentissement généralisé des échanges. Le taux de couverture qui s’établissait autour de 72,5% en ayant commencé à fléchir dès le printemps 2008 , devrait s’abaisser autour de 68 % fin 2009 . Vis-à-vis de la France , le déficit traditionnel qui va s’amenuisant sur les dernières années pourrait devenir symbolique fin 2009.

Le Grand Duché de Luxembourg est un « grand petit pays » ; il est celui avec lequel le montant des échanges commerciaux avec la France , rapporté au nombre d’habitants est le plus élevé du monde : le Grand Duché est un partenaire éloquent et apprécié. "


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Dernière modification : 30/04/2010

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