Déclaration de politique générale du Premier Ministre Bernard Cazeneuve

Lutter contre le terrorisme et la délinquance

L’État français et les citoyens doivent faire face aujourd’hui à une menace terroriste sans précédent. Le Premier ministre a rappelé la prorogation de l’état d’urgence lors du dernier Conseil des ministres exceptionnel tenu samedi dernier. Il s’agit de "réarmer l’État afin de lutter contre le terrorisme et la délinquance" en consolidant et en développant l’arsenal législatif et réglementaire. Pour renforcer les moyens de la justice, Bernard Cazeneuve a souligné l’adoption de nouveaux dispositifs antiterroristes, comme la loi sur le renseignement. Il a également rappelé la création de :

738 emplois de magistrats ;
962 postes de greffiers et de fonctionnaires dans les tribunaux ;
4535 postes de fonctionnaires pénitentiaires.

La protection des Français prend aussi ses racines dans les théâtres d’opérations extérieures pour lutter contre daech. Les armées françaises sont présentes au Mali depuis 2013 pour empêcher la progression des djihadistes dans la région. Elles sont également présentes en Irak et en Syrie depuis 2014 aux côtés des partenaires de la coalition. Nous sommes engagés "sur les théâtres extérieurs au nom des valeurs universelles que nous portons et des intérêts qui sont les nôtres", a déclaré le Premier ministre. Les effectifs ont été augmentés, comme le montre le budget de la défense pour 2017.

Agir à l’échelle de l’Europe

Le Premier ministre croit en "une Europe qui protège, qui investit, qui innove". Pour lui, l’Europe doit préparer l’avenir. "Européen convaincu", Bernard Cazeneuve est également un "Européen exigeant", qui voit dans le Brexit un risque réel de dislocation du projet européen.

Parmi les points essentiels qu’il compte développer dans sa feuille de route économique, le Premier ministre souhaite :

porter la capacité du "Plan Juncker" à plus de 500 milliards d’euros d’ici à 2020 pour développer des projets en faveur de la transition énergétique, du numérique, de la santé et de l’éco-mobilité ;
poursuivre le combat de la France pour obtenir une révision ambitieuse de la directive de 1996 sur le détachement de travailleurs ;
défendre les intérêts de l’Europe dans la mondialisation, avec des accords commerciaux garantissant la loyauté des échanges, la réciprocité dans l’accès aux marchés publics et la prise en compte des normes sociales et environnementales. C’est d’ailleurs cette exigence qui a amené la France à refuser jusqu’à présent le traité transatlantique, mais à accepter l’accord avec le Canada.

Bernard Cazeneuve a également insisté sur le rôle de l’Europe pour agir à la fois contre l’immigration illégale et pour la sécurité du continent - un sujet sur lequel la France porte un agenda exigeant depuis quatre ans, en lien constant avec l’Allemagne. Ainsi, l’agence Frontex est montée en puissance avec des budgets et des effectifs en augmentation. La France finalise actuellement, en lien avec ses partenaires européens, la révision du code Frontières Schengen.

S’agissant de la crise migratoire, l’Europe doit être à la fois plus solidaire et responsable. Pour cela, il faut mettre en œuvre les décisions de l’UE pour "relocaliser et réinstaller les réfugiés". Selon Bernard Cazeneuve, "la responsabilité suppose que les Etats de première entrée des migrants prennent toutes les mesures, avec le soutien de l’Union européenne, pour assurer l’accueil des réfugiés et le retour de ceux qui n’ont pas vocation à rester sur notre continent".

En réussissant l’évacuation et la mise à l’abri des migrants de Calais, "la France a voulu être à la hauteur du message universel que les peuples du monde ont appris à aimer d’elle".

Dernière modification : 15/12/2016

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